
La clé pour manger sainement sans s’épuiser n’est pas de compter les calories, mais de maîtriser des réflexes visuels et comportementaux pour déjouer les pièges marketing.
- L’assiette est votre meilleure balance : la règle du « moitié-légumes » ajuste naturellement les portions et la densité calorique.
- Le % de la valeur quotidienne (% VQ) sur les étiquettes est un code simple pour repérer les sucres et gras cachés en un coup d’œil.
Recommandation : Commencez par un seul changement : avant chaque souper cette semaine, remplissez consciemment la moitié de votre assiette de légumes avant d’ajouter le reste.
Vous souhaitez manger plus sainement, inspiré par les recommandations du Guide alimentaire canadien, mais l’idée de devoir peser chaque gramme de poulet ou de compter chaque calorie vous rebute ? Vous n’êtes pas seul. Cette approche, souvent perçue comme la seule voie vers une alimentation contrôlée, mène fréquemment à la frustration, à l’obsession et, finalement, à l’abandon. On nous parle constamment de macros, de portions exactes et de régimes restrictifs, créant une pression mentale qui va à l’encontre du plaisir de manger.
Et si la véritable solution ne résidait pas dans la rigueur mathématique, mais dans l’éducation de notre regard et l’écoute de notre corps ? En tant que nutritionniste comportementale, ma conviction est que l’alimentation intuitive, encadrée par la science, est bien plus efficace et durable. L’objectif n’est pas de suivre des règles à la lettre, mais de développer des leviers comportementaux. Il s’agit d’apprendre à utiliser ses yeux comme une balance, à décoder les étiquettes pour déjouer le marketing du « halo de santé », et à comprendre les signaux de son propre corps pour manger en pleine conscience.
Cet article vous montrera comment transformer les principes du Guide alimentaire en habitudes simples et concrètes, spécifiquement adaptées à la réalité québécoise. Nous verrons comment la simple composition visuelle de votre assiette peut remplacer n’importe quel régime, comment démasquer les sucres cachés, faire les bons choix de gras pour votre cerveau, et même comment appliquer ces principes avec un budget d’épicerie serré, le tout sans jamais sortir de balance.
Pour ceux qui préfèrent une analyse d’experts, la vidéo suivante offre les premières impressions et les réflexions de nutritionnistes québécois sur la philosophie de ce nouveau Guide. C’est un excellent complément pour comprendre l’esprit derrière les recommandations que nous allons détailler.
Pour vous guider à travers cette approche libératrice, nous avons structuré ce guide en plusieurs étapes clés. Chaque section aborde un aspect pratique du Guide alimentaire, en vous donnant des outils concrets pour passer de la théorie à l’assiette, sans stress ni calculs.
Sommaire : Adopter le Guide alimentaire canadien au quotidien sans se compliquer la vie
- Pourquoi la règle du « moitié légumes » est plus efficace que n’importe quel régime minceur ?
- Comment repérer le sucre caché en moins de 10 secondes sur une boîte de céréales
- Gras saturés ou insaturés : lesquels sont essentiels pour votre cerveau ?
- L’erreur de croire que « faible en gras » signifie « santé » au rayon des biscuits
- Quand manger entre les repas : les moments où la collation stabilise votre glycémie
- L’erreur de trop couper les calories qui pousse votre corps à économiser l’énergie
- Pain brun ou riz blanc : quel impact réel sur votre foie gras ?
- Comment suivre le nouveau Guide alimentaire canadien avec un budget d’épicerie serré ?
Pourquoi la règle du « moitié légumes » est plus efficace que n’importe quel régime minceur ?
Le principe le plus puissant du Guide alimentaire canadien est sans doute le plus simple : remplir la moitié de son assiette de légumes et de fruits. Loin d’être une suggestion banale, c’est un outil de conscience visuelle qui remplace avantageusement n’importe quelle balance ou application de comptage de calories. En vous concentrant sur cette proportion, vous agissez directement sur un facteur clé de la satiété : la densité calorique. Les légumes sont riches en eau et en fibres, mais pauvres en calories. Ils prennent du volume dans l’assiette et dans l’estomac, envoyant des signaux de satiété à votre cerveau bien avant que vous n’ayez consommé une quantité excessive d’énergie.
Cette méthode intuitive ajuste naturellement vos portions sans effort mental. En commençant par les légumes, vous laissez moins de place pour les aliments plus denses en calories, comme les viandes grasses ou les féculents raffinés. C’est une approche comportementale qui modifie la structure de votre repas sans interdire aucun aliment. Par exemple, une analyse de la densité calorique des aliments montre que la carotte cuite apporte 19 calories pour 100g, contre 278 calories pour la même quantité de pain, soit près de 15 fois moins. En occupant l’espace, les légumes diluent l’apport calorique global de votre repas, vous permettant de vous sentir plein et satisfait tout en favorisant un poids santé.
Adopter ce réflexe est plus durable que n’importe quel régime restrictif, car il ne crée pas de sentiment de privation. C’est un ajout, pas un retrait. Au lieu de vous demander « Qu’est-ce que je ne dois pas manger ? », vous vous demandez « Comment puis-je ajouter plus de légumes à ce plat ? ». Cette petite bascule psychologique change tout et rend l’alimentation saine non seulement accessible, mais aussi agréable. Pour y parvenir au quotidien, voici quelques astuces pratiques adaptées à la vie au Québec.
- Étape 1 : Commencez par remplir la moitié de votre assiette avec des légumes avant d’ajouter les autres aliments – cela crée automatiquement les bonnes proportions.
- Étape 2 : Utilisez des légumes surgelés québécois (Arctic Gardens, Bonduelle) pour gagner du temps tout en respectant la règle.
- Étape 3 : Préparez une grande salade de crudités le dimanche pour avoir des légumes prêts toute la semaine.
- Étape 4 : Ajoutez systématiquement des légumes râpés ou en dés dans vos plats (sauce à spaghetti, omelettes, sandwichs).
- Étape 5 : Gardez des légumes pré-coupés au réfrigérateur pour les collations et accompagnements rapides.
En somme, la règle de la moitié de l’assiette n’est pas une simple recommandation ; c’est une stratégie comportementale qui vous redonne le contrôle de votre alimentation de manière intuitive et efficace, bien loin de la tyrannie des chiffres.
Comment repérer le sucre caché en moins de 10 secondes sur une boîte de céréales
L’allée des céréales est un champ de mines nutritionnel où les allégations santé (« source de fibres », « grains entiers ») masquent souvent une quantité alarmante de sucres ajoutés. Pour appliquer le Guide alimentaire sans se faire piéger, il faut apprendre à décoder rapidement le tableau de la valeur nutritive. Oubliez la liste d’ingrédients interminable ; votre meilleur allié est la ligne « Sucres » et, surtout, le pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) qui lui est associé.

Cette donnée est un raccourci puissant. La règle est simple : 5 % VQ ou moins, c’est peu ; 15 % VQ ou plus, c’est beaucoup. En moins de 10 secondes, ce simple chiffre vous donne une indication claire et standardisée de la teneur en sucre d’une portion, vous permettant de comparer deux produits même si leurs tailles de portion diffèrent. C’est un outil de conscience visuelle redoutable pour contrer le « halo de santé » créé par un emballage attrayant. Une étude de l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire a d’ailleurs révélé que plusieurs céréales populaires au Québec se positionnent juste sous le seuil d’avertissement, ce qui peut être trompeur. Selon une analyse de l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire, des céréales comme les Mini-Wheats contiennent une quantité de sucre qui frôle le seuil de 15 % VQ, induisant les consommateurs en erreur.
Pour mieux visualiser comment utiliser cette information, voici un guide de décision rapide que vous pouvez mémoriser pour votre prochaine épicerie. Il vous aidera à faire des choix éclairés en un clin d’œil.
| % VQ affiché | Interprétation | Action recommandée |
|---|---|---|
| 5% et moins | Peu de sucre | Bon choix pour consommation régulière |
| Entre 5% et 15% | Quantité modérée | Acceptable selon vos besoins |
| 15% et plus | Élevé en sucre | À limiter ou consommer occasionnellement |
Votre plan d’action pour débusquer les sucres ajoutés
- Points de contact : Listez les aliments emballés que vous consommez régulièrement au déjeuner et en collation (céréales, barres tendres, yogourts aromatisés).
- Collecte : Lors de votre prochaine épicerie, prenez 5 minutes pour photographier le tableau de valeur nutritive de ces produits.
- Cohérence : De retour à la maison, confrontez le % VQ en sucres de chaque produit au guide « 5-15% ». Sont-ils des choix « réguliers » ou « occasionnels » ?
- Mémorabilité/émotion : Repérez le produit qui vous surprend le plus. Cet aliment « santé » est-il en réalité une bombe de sucre ? C’est votre première cible.
- Plan d’intégration : Cherchez une alternative à ce produit avec un % VQ en sucres inférieur à 10%. Intégrez ce simple remplacement cette semaine.
En vous fiant au % VQ, vous transformez une tâche complexe en un réflexe simple, vous protégeant ainsi des stratégies marketing et alignant vos choix sur les véritables principes d’une alimentation saine.
Gras saturés ou insaturés : lesquels sont essentiels pour votre cerveau ?
Le discours sur les matières grasses a longtemps été confus, menant à une peur généralisée de « manger gras ». Pourtant, le Guide alimentaire canadien est clair : la qualité prime sur la quantité. Il ne s’agit pas d’éliminer le gras, mais de privilégier les gras insaturés (polyinsaturés et monoinsaturés) au détriment des gras saturés. Cette distinction est cruciale, notamment pour la santé de notre cerveau, qui est composé à près de 60% de lipides.
Les gras insaturés, en particulier les acides gras oméga-3 (ALA, EPA et DHA), sont les véritables héros. Ils sont des composants structurels des membranes de nos neurones, favorisant la fluidité de la communication entre les cellules cérébrales. Une consommation adéquate est liée à une meilleure mémoire, une meilleure humeur et une réduction du risque de déclin cognitif. À l’inverse, un excès de gras saturés, que l’on trouve principalement dans les viandes rouges, les produits laitiers riches en gras et les aliments ultra-transformés, est associé à une inflammation accrue et à des risques cardiovasculaires. C’est pourquoi le Guide alimentaire canadien recommande de réduire les gras saturés, une position soutenue par des organismes comme la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.
Plutôt que de compter les grammes, l’approche intuitive consiste à identifier et intégrer consciemment les bonnes sources de gras dans son alimentation. Le Québec regorge de produits locaux qui sont d’excellentes sources de ces précieux lipides. Apprendre à les reconnaître et à les substituer aux sources de gras saturés est un levier comportemental puissant pour améliorer sa santé sans se priver. Voici une liste de champions locaux pour nourrir votre cerveau.
- Huile de canola canadienne : Production majeure au Canada, excellente source d’oméga-3 végétaux.
- Graines de lin du Québec : Riches en ALA (acide alpha-linolénique), à moudre pour une meilleure absorption.
- Saumon de l’Atlantique : Source marine d’EPA et DHA, essentiels pour le cerveau.
- Graines de chanvre locales : Offrent un ratio idéal oméga-6/oméga-3.
- Noix de Grenoble : La seule noix significativement riche en oméga-3, facilement disponible.
En conclusion, le bon gras n’est pas votre ennemi. C’est un allié indispensable de votre cerveau et de votre cœur. Le réflexe à adopter n’est pas de fuir le gras, mais de choisir judicieusement ses sources, en privilégiant les options végétales et marines.
L’erreur de croire que « faible en gras » signifie « santé » au rayon des biscuits
L’une des plus grandes illusions entretenues par l’industrie agroalimentaire est le « halo de santé » entourant les produits étiquetés « faible en gras ». Pendant des décennies, on nous a appris à craindre le gras, ce qui a poussé les fabricants à proposer des versions allégées de nos produits favoris. Cependant, cette allégation masque souvent une réalité nutritionnelle bien moins reluisante. Lorsqu’on retire le gras d’un produit comme un biscuit, on lui enlève une grande partie de sa saveur et de sa texture. Pour compenser, les industriels ajoutent généralement plus de sucre, de sel ou d’amidons raffinés, ce qui peut annuler, voire aggraver, l’impact sur la santé.
L’approche intuitive, qui consiste à ne pas peser ses aliments, exige une plus grande vigilance face à ces pièges marketing. Un biscuit « faible en gras » peut contenir autant, sinon plus, de calories que sa version originale, mais avec un profil nutritionnel dégradé. Cette substitution n’est pas sans conséquences. Par exemple, une abondance de sucres et de glucides raffinés provoque des pics de glycémie plus importants, ce qui peut favoriser le stockage des graisses et augmenter les fringales peu de temps après.
Analyse comparative biscuits réguliers vs faibles en gras
L’Institut canadien du sucre a mis en lumière un fait éclairant : les produits reformulés ne sont pas toujours une meilleure option. Par exemple, une étude a montré qu’un biscuit aux pépites de chocolat portant la mention « sans sucre ajouté » contenait exactement le même nombre de calories que la version régulière. Le sucre était simplement remplacé par une plus grande quantité de glucides complexes (amidon) et d’alcools de sucre comme le maltitol, qui ne sont pas sans effets sur la digestion et la glycémie.
Comme le souligne l’Institut canadien du sucre dans son rapport sur l’étiquetage nutritionnel, « les produits reformulés peuvent avoir une liste d’ingrédients plus longue, peuvent nécessiter des avertissements supplémentaires sur l’étiquette et peuvent coûter plus cher ». Plutôt que de choisir un produit ultra-transformé « faible en gras », il est souvent plus judicieux de consommer une plus petite portion du produit original, fait avec des ingrédients de qualité, et de le savourer en pleine conscience. C’est là que réside la véritable modération prônée par le Guide alimentaire.
Le réflexe à développer n’est donc pas de chasser les étiquettes « faible en gras », mais de privilégier les aliments peu transformés et de se méfier des listes d’ingrédients à rallonge, qui signalent souvent une tentative de recréer artificiellement un goût et une texture perdus.
Quand manger entre les repas : les moments où la collation stabilise votre glycémie
La question des collations est souvent source de confusion. Sont-elles nécessaires ? Font-elles grossir ? Dans une approche d’alimentation intuitive, la réponse n’est pas de s’en priver systématiquement, mais de les utiliser comme un outil stratégique pour réguler son énergie et sa faim. Une collation bien choisie et prise au bon moment peut prévenir les baisses de glycémie qui mènent à une faim intense, à l’irritabilité et, finalement, à des choix alimentaires impulsifs et souvent peu judicieux au repas suivant.
Les moments clés pour une collation sont généralement à mi-chemin entre les repas, lorsque vous sentez votre niveau d’énergie décliner ou une légère faim apparaître. Pensez au creux de 10h30 ou à la baisse d’énergie de 15h30. L’objectif n’est pas de manger par habitude ou par ennui, mais de répondre à un besoin physiologique réel. C’est un acte de prévention des fringales, pas un grignotage incontrôlé. Ignorer ces signaux peut vous amener au repas suivant dans un état de faim extrême (« ravenous »), où il devient presque impossible de manger lentement et de s’arrêter lorsque la satiété se fait sentir.

Le secret d’une collation efficace réside dans sa composition. L’association de protéines et de fibres est la combinaison gagnante. Les fibres (présentes dans les fruits, légumes, noix) ralentissent la digestion, tandis que les protéines (présentes dans les produits laitiers, noix, légumineuses) augmentent le sentiment de satiété. Ce duo permet une libération d’énergie lente et stable, évitant le pic de sucre suivi du « crash » que provoquent les collations sucrées et raffinées. Voici des exemples concrets, avec des produits locaux, pour des collations intelligentes qui respectent ce principe.
- 10h30 – Creux matinal : Yogourt grec Liberté nature (riche en protéines) + bleuets du Lac-Saint-Jean (riches en fibres).
- 15h30 – Baisse d’énergie après-midi : Une pomme du Québec (pour les fibres) + quelques cubes de fromage en grains (pour les protéines).
- Avant l’activité physique : Une banane (pour les glucides rapides) avec une cuillère de beurre d’arachide (protéines et bons gras).
- Soirée si faim réelle : Des crudités (carottes, concombres) avec du hummus maison (protéines végétales et fibres).
En somme, la collation n’est ni une obligation ni un péché. C’est une réponse consciente aux signaux de votre corps, un levier comportemental pour maintenir une énergie stable et aborder les repas principaux avec calme et modération.
L’erreur de trop couper les calories qui pousse votre corps à économiser l’énergie
Dans la quête d’une alimentation saine, l’une des erreurs les plus courantes et les plus contre-productives est la restriction calorique excessive. Poussés par la culture des régimes, beaucoup pensent que pour perdre du poids ou « être en santé », il faut manger le moins possible. C’est ignorer un mécanisme de survie fondamental de notre corps : la thermogénèse adaptative. Lorsque vous réduisez brutalement votre apport énergétique, votre corps ne sait pas que vous essayez de rentrer dans un maillot de bain ; il interprète ce déficit comme une période de famine et active son mode « économie d’énergie ».
Concrètement, votre métabolisme de base – l’énergie que vous dépensez au repos pour maintenir vos fonctions vitales – ralentit. Votre corps devient plus « efficace » et apprend à fonctionner avec moins de carburant. C’est pourquoi tant de régimes très restrictifs échouent : après une perte de poids initiale, un plateau est rapidement atteint et la moindre augmentation de l’apport calorique entraîne une reprise de poids rapide. Ce phénomène est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le Guide alimentaire canadien ne mentionne jamais le mot « calorie ». L’accent est mis sur la qualité, la proportion et l’équilibre, assurant que le corps reçoive tous les nutriments dont il a besoin pour fonctionner à plein régime.
Des nutritionnistes québécois observent que leurs clients qui suivaient des régimes très restrictifs se plaignaient systématiquement de fatigue, d’irritabilité et d’une difficulté accrue à perdre du poids après quelques semaines, symptômes typiques de la thermogénèse adaptative où le corps ralentit son métabolisme pour survivre.
– Nutritionnistes québécois, NutriSimple
L’approche intuitive, qui consiste à écouter ses signaux de faim et de satiété, est le parfait antidote à ce cercle vicieux. En mangeant à votre faim des aliments de qualité, vous fournissez à votre corps l’énergie nécessaire pour maintenir un métabolisme actif. Vous travaillez avec votre biologie, pas contre elle. Plutôt que de forcer une restriction qui sera inévitablement perçue comme une menace par votre organisme, vous lui donnez la permission de trouver son point d’équilibre naturel.
Nourrir son corps adéquatement n’est pas un signe de faiblesse, mais la condition sine qua non pour qu’il fonctionne de manière optimale et qu’il cesse de stocker l’énergie en prévision d’une famine qui n’arrivera jamais.
Pain brun ou riz blanc : quel impact réel sur votre foie gras ?
Le choix entre les grains entiers et les grains raffinés est un pilier du Guide alimentaire canadien. Cependant, les apparences sont souvent trompeuses, en particulier dans l’allée du pain. Beaucoup de consommateurs se tournent vers le « pain brun », pensant faire un choix plus sain que le pain blanc. Malheureusement, la couleur n’est pas un indicateur de qualité. Un pain peut être brun simplement parce qu’on y a ajouté de la mélasse ou du colorant caramel, alors que son ingrédient principal reste la farine blanche raffinée.
La véritable distinction réside dans la présence du grain entier. Un produit à base de grains entiers (« farine de blé entier », « avoine entière », « sarrasin ») contient les trois parties du grain : le son (riche en fibres), le germe (riche en nutriments) et l’endosperme. Les fibres jouent un rôle crucial en ralentissant l’absorption des glucides, ce qui entraîne une augmentation plus douce et plus progressive de la glycémie. À l’inverse, les farines raffinées, dépourvues de son et de germe, sont digérées très rapidement, provoquant un pic de sucre dans le sang. Lorsque ces pics sont fréquents et importants, l’excès de sucre est converti en graisse par le foie, un processus qui peut contribuer à long terme à la stéatose hépatique non alcoolique (maladie du « foie gras »).
Le réflexe à adopter est donc de lire la liste des ingrédients. Le premier ingrédient doit toujours être une farine de « blé entier » ou un autre grain complet. Ce tableau compare un pain brun commercial typique à un véritable pain de blé entier pour illustrer la différence.
| Caractéristique | Pain ‘brun’ commercial | Pain 100% blé entier |
|---|---|---|
| Premier ingrédient | Farine blanche enrichie | Farine de blé entier |
| Colorants ajoutés | Mélasse ou caramel | Aucun |
| Fibres par tranche | 1-2g | 3-4g |
| Impact glycémique | Élevé (similaire au pain blanc) | Modéré |
Heureusement, le Québec offre une belle diversité de grains entiers qui peuvent remplacer avantageusement le riz blanc ou les pâtes traditionnelles. Les intégrer à votre alimentation est une excellente façon de prendre soin de votre foie et de votre santé globale.
- Orge perlé du Québec : Cultivé localement, riche en bêta-glucanes qui aident à réduire le cholestérol.
- Sarrasin : Utilisé dans les fameuses galettes, il est sans gluten et a un faible indice glycémique.
- Avoine entière canadienne : Parfaite en gruau, elle est une source majeure de fibres solubles.
- Quinoa : Maintenant cultivé au Québec, c’est une protéine complète et un grain entier.
- Riz sauvage du Canada : Techniquement une herbe aquatique, il est très riche en fibres et en antioxydants.
En fin de compte, le choix ne se résume pas à « blanc » contre « brun », mais à « raffiné » contre « entier ». C’est ce détail qui fait toute la différence pour votre énergie, votre satiété et la santé de votre foie.
À retenir
- La règle visuelle de la moitié de l’assiette remplie de légumes est l’outil le plus simple et le plus efficace pour équilibrer ses repas sans calcul.
- Le pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) pour les sucres sur une étiquette est votre meilleur allié pour déjouer le marketing et faire des choix éclairés en moins de 10 secondes.
- Privilégier les aliments de qualité (bons gras, grains réellement entiers) et écouter sa faim est plus durable et sain que de couper drastiquement les calories ou de se fier aux allégations « faible en gras ».
Comment suivre le nouveau Guide alimentaire canadien avec un budget d’épicerie serré ?
Manger sainement est souvent perçu comme un luxe, une idée renforcée par la hausse constante du coût des aliments. Il est vrai que bien se nourrir a un prix. Selon le rapport 2024 d’Alima sur le Panier à provisions nutritif et économique, une famille de 4 personnes à Montréal doit débourser en moyenne 1223 $ par mois pour une alimentation de base équilibrée. Cependant, il est tout à fait possible d’appliquer les principes du Guide alimentaire canadien sans faire exploser son budget. La clé réside dans la planification et le choix stratégique des sources de protéines.
Le Guide encourage une consommation accrue de protéines d’origine végétale, comme les lentilles, les pois chiches et le tofu. C’est une excellente nouvelle pour le portefeuille. Ces aliments sont non seulement nutritifs, mais aussi beaucoup moins coûteux que la viande. Par exemple, l’expérience de la blogueuse québécoise Miss Économe a démontré que des quesadillas aux haricots noirs coûtent trois fois moins cher qu’un plat équivalent au bœuf haché. De même, un simple sac de protéine végétale texturée (PVT) à environ 5,50 $ peut remplacer près d’un kilo de bœuf haché, qui coûte souvent plus du double.
Adopter une approche pyramidale pour ses choix de protéines peut grandement aider à contrôler les dépenses. La base de la pyramide est constituée des options les plus économiques (légumineuses, tofu), tandis que le sommet est réservé aux articles plus chers (coupes de bœuf, poissons frais) à consommer plus occasionnellement. Voici à quoi pourrait ressembler une pyramide des protéines économiques adaptée au Québec :
- Niveau 1 (plus économique) : Lentilles sèches, pois chiches en conserve de marque maison, haricots noirs.
- Niveau 2 : Œufs, tofu (par exemple, de la marque québécoise Unisoya), lait.
- Niveau 3 : Poulet entier ou en cuisses (format familial), porc haché.
- Niveau 4 : Bœuf haché maigre en spécial, poisson surgelé (aiglefin, sole).
- Niveau 5 (plus cher) : Saumon frais, steaks de bœuf, fromages fins.
En plus de privilégier les protéines végétales, d’autres astuces simples incluent l’achat de légumes et fruits de saison et locaux, la cuisine en grande quantité (« meal prep ») pour éviter le gaspillage et les achats de dernière minute, et le fait de baser ses repas sur les spéciaux de la circulaire.
En fin de compte, manger sainement avec un budget limité n’est pas une question de privation, mais d’intelligence et de planification. En faisant des choix stratégiques, en particulier du côté des protéines, vous pouvez nourrir votre famille sainement tout en respectant les recommandations du Guide et votre portefeuille.