
La perte de muscle après 40 ans n’est pas une fatalité, mais une condition médicale, la sarcopénie, que l’on peut activement contrer.
- Vos besoins en protéines augmentent avec l’âge à cause d’un phénomène appelé « résistance anabolique ».
- La musculation à haute intensité est le seul stimulus connu pour renforcer à la fois les muscles, les os et même protéger l’ADN du vieillissement.
Recommandation : Priorisez un apport total de protéines élevé (1.2-1.6g/kg) réparti sur la journée et intégrez 2 à 3 séances de musculation par semaine, en vous concentrant sur la surcharge progressive.
Passé 40 ans, vous avez peut-être remarqué une réalité insidieuse : les objets semblent plus lourds, monter les escaliers demande un peu plus d’effort, et le reflet dans le miroir montre une silhouette moins tonique, malgré des habitudes qui n’ont pas changé. Ce n’est pas votre imagination. C’est le début de la sarcopénie, la perte de masse et de force musculaires liée à l’âge. Plusieurs se tournent alors vers des heures de cardio ou des régimes drastiques, pensant bien faire. Pourtant, ces approches peuvent souvent aggraver le problème.
En tant que gériatre spécialisé, je peux vous l’affirmer : le muscle n’est pas un simple atout esthétique. C’est l’organe métabolique central de votre longévité. Il régule votre glycémie, soutient votre métabolisme de base, protège votre squelette et influence même votre résilience face aux maladies. Lutter contre sa dégradation n’est donc pas une question de vanité, mais de survie en bonne santé. Oubliez les idées reçues. La véritable clé n’est pas de vous épuiser, mais de comprendre les mécanismes physiologiques qui changent dans votre corps et d’y répondre avec une précision chirurgicale.
Cet article va donc au-delà des conseils génériques. Nous allons déconstruire les mythes et vous donner les stratégies basées sur la science pour non seulement préserver, mais aussi rebâtir votre capital musculaire. Nous verrons pourquoi vos besoins en protéines explosent, comment la musculation lourde devient votre meilleure alliée contre l’ostéoporose, et comment orchestrer votre nutrition pour des résultats optimaux. Il est temps de considérer votre entraînement non pas comme une corvée, mais comme la prescription la plus puissante pour une vieillesse forte et autonome.
Pour ceux qui préfèrent une démonstration pratique, la vidéo suivante vous présente 5 mouvements fondamentaux, parfaitement adaptés pour commencer à bâtir votre force en toute sécurité après 40 ans. C’est un excellent complément visuel aux principes que nous allons explorer.
Pour vous guider dans cette démarche essentielle, nous avons structuré cet article en plusieurs étapes clés. Chaque section répond à une question précise que vous vous posez peut-être déjà, vous armant des connaissances nécessaires pour passer à l’action efficacement.
Sommaire : Maintenir sa force musculaire après 40 ans, la stratégie complète
- Pourquoi vous devez manger plus de protéines à 60 ans qu’à 20 ans pour le même résultat ?
- Comment la musculation lourde renforce vos os et prévient l’ostéoporose
- Presse à cuisses ou squats : lequel est le plus sécuritaire pour vos genoux fragiles ?
- L’erreur de faire trop de cardio sans renforcement qui « mange » vos muscles
- Quand prendre votre shake : la fenêtre anabolique existe-t-elle vraiment pour les amateurs ?
- Quand ajouter une poudre de protéines : les besoins réels du sportif végétalien
- Pourquoi la longueur de vos télomères prédit votre espérance de vie en bonne santé ?
- Comment accélérer votre régénération cellulaire après une blessure sportive ou une chirurgie ?
Pourquoi vous devez manger plus de protéines à 60 ans qu’à 20 ans pour le même résultat ?
L’une des plus grandes erreurs que je vois chez mes patients est de penser que leurs besoins nutritionnels diminuent avec l’âge. C’est tout le contraire, surtout pour les protéines. La raison tient en deux mots : résistance anabolique. Imaginez que vos muscles sont une serrure et les protéines, la clé. À 20 ans, la serrure est bien huilée ; une petite quantité de protéines suffit à déclencher la construction musculaire (la synthèse protéique musculaire). À 60 ans, la serrure a « rouillé ». Il faut une dose de protéines beaucoup plus importante pour obtenir le même « clic » et ouvrir la porte de la croissance musculaire.
Concrètement, alors qu’un jeune adulte peut stimuler efficacement ses muscles avec 20g de protéines par repas, une personne de plus de 60 ans aura besoin de 30g à 40g pour un effet similaire. Ne pas atteindre ce seuil à chaque repas, c’est comme tourner la clé sans l’enfoncer assez : il ne se passe rien. L’apport total sur la journée est important, mais la répartition l’est tout autant. Manger la majorité de ses protéines au souper, une habitude très répandue au Québec, est une stratégie sous-optimale. Il est crucial de viser un apport conséquent dès le petit-déjeuner et au dîner pour combattre la résistance anabolique tout au long de la journée.
Étude de cas : L’étude québécoise NuAge et la répartition des protéines
Une démonstration éclatante de ce principe nous vient de chez nous. L’étude québécoise NuAge a suivi 1741 personnes de 67 à 84 ans pendant trois ans. Les résultats, publiés par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, sont sans appel : les participants qui répartissaient leur apport en protéines de manière équilibrée sur les trois repas quotidiens présentaient une force musculaire et une mobilité significativement supérieures. Cette conclusion était valable indépendamment de la quantité totale de protéines consommées, prouvant que la distribution est un facteur aussi critique que la quantité pour maintenir sa fonction musculaire en vieillissant.
Cette réalité change complètement la perspective sur l’alimentation après 40 ans. Il ne s’agit plus de « manger moins », mais de « manger mieux » et surtout, plus intelligemment, en constituant un véritable « budget protéique » à chaque repas.
Comment la musculation lourde renforce vos os et prévient l’ostéoporose
Si le muscle est le moteur de votre longévité, l’os en est le châssis. Et après 40 ans, ce châssis devient vulnérable à l’ostéoporose, une déminéralisation qui le rend fragile comme du verre. Le lien entre perte musculaire (sarcopénie) et perte osseuse (ostéoporose) est si fort qu’on parle de « sarco-ostéoporose ». La bonne nouvelle ? L’antidote le plus puissant est le même pour les deux : l’entraînement en résistance à haute intensité. Contrairement à la natation ou au vélo, qui sont excellents pour le système cardiovasculaire, la musculation lourde envoie un signal de stress mécanique direct à vos os.
Ce signal est une information de survie pour votre corps. Chaque fois que vos muscles se contractent puissamment pour soulever une charge, ils tirent sur les tendons, qui eux-mêmes tirent sur les os. Cette tension déclenche une cascade de réactions cellulaires qui ordonnent aux ostéoblastes (les cellules « bâtisseuses » d’os) de se mettre au travail. Elles déposent alors du nouveau tissu osseux, augmentant la densité minérale osseuse. C’est une application directe de la loi de Wolff : l’os s’adapte aux contraintes qu’il subit. Sans cette contrainte, il s’atrophie. Les coûts de l’inaction sont immenses ; les fractures liées à l’ostéoporose coûtent 1,9 milliard de dollars par année au Canada, et 80% d’entre elles surviennent après 60 ans.

L’impact d’une fracture, notamment de la hanche, va bien au-delà de la douleur physique. C’est souvent le début d’une perte d’autonomie dramatique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, comme le souligne l’organisation Ostéoporose Canada :
Seulement 44% des individus qui obtiennent un congé de l’hôpital à la suite d’une fracture à la hanche retournent à la maison; 27% nécessitent des soins en réadaptation et 17% s’installent dans des résidences de soins de longue durée.
– Ostéoporose Canada, Section de Québec – Rapport 2024
Investir dans la musculation lourde et sécuritaire n’est donc pas une option, c’est une police d’assurance non négociable pour votre autonomie future. Des exercices comme le squat, le soulevé de terre ou le développé militaire, lorsqu’ils sont bien exécutés, sont les meilleurs architectes de votre squelette.
Presse à cuisses ou squats : lequel est le plus sécuritaire pour vos genoux fragiles ?
La décision de commencer la musculation est prise, mais une question angoissante surgit : « Et mes genoux ? ». C’est une préoccupation légitime, surtout si des décennies d’activité ou d’inactivité ont laissé des traces. Le choix entre les exercices « libres » comme le squat et les machines guidées comme la presse à cuisses devient alors crucial. Pour une personne de plus de 40 ans qui débute ou reprend l’entraînement, la réponse est nuancée mais claire : la sécurité et la progression priment sur tout.
Le squat est le roi des exercices fonctionnels. Il mime un mouvement que vous faites tous les jours (vous asseoir, vous lever) et engage une multitude de muscles stabilisateurs, du tronc aux chevilles. Cependant, sa maîtrise technique est exigeante. Une mauvaise exécution peut effectivement mettre une contrainte excessive sur les genoux ou le bas du dos. La presse à cuisses, elle, isole les muscles des jambes dans un mouvement guidé. Le dos est soutenu, la trajectoire est fixe, ce qui réduit drastiquement le risque d’erreur technique et le stress sur la colonne vertébrale. Elle permet de charger lourd en toute sécurité, fournissant le stimulus nécessaire à l’hypertrophie et à la densification osseuse sans la complexité du squat.
Pour l’adulte qui cherche à bâtir sa force en minimisant les risques, la presse à cuisses est donc un point de départ idéal. Elle permet de développer une base de force solide. Une fois cette fondation établie, une transition progressive vers des variantes de squats peut être envisagée pour bénéficier de leurs avantages fonctionnels. Voici une comparaison pour éclairer votre choix :
| Critère | Presse à cuisses | Squats |
|---|---|---|
| Sécurité pour les genoux | Excellente (charge guidée) | Bonne si technique maîtrisée |
| Stress sur le dos | Minimal | Modéré à élevé |
| Transfert fonctionnel | Limité | Excellent (mouvement quotidien) |
| Courbe d’apprentissage | Facile | Technique à maîtriser |
| Recommandation progression | Débuter ici | Évoluer vers après 3-6 mois |
La stratégie la plus intelligente n’est pas de choisir l’un ou l’autre, mais de les utiliser en séquence. Commencez par maîtriser la presse à cuisses, puis intégrez progressivement des formes de squats plus sécuritaires. Voici un exemple de programme de progression sur plusieurs mois :
- Mois 1-2: Presse à cuisses uniquement, en visant 12-15 répétitions avec une forme parfaite et une amplitude complète.
- Mois 3-4: Introduction des « box squats », qui consistent à s’asseoir sur un banc ou une boîte. Cela enseigne le bon schéma moteur du squat en toute sécurité.
- Mois 5-6: Passage au « goblet squat » avec un haltère tenu contre la poitrine. Cet exercice favorise une posture droite et perfectionne la technique.
- Mois 7 et +: Si la mobilité et la force le permettent, transition vers le squat avec barre, en commençant par des charges légères.
Un échauffement de 15 minutes incluant des exercices de mobilité pour les hanches et les chevilles est non négociable avant chaque séance pour préparer vos articulations à l’effort.
L’erreur de faire trop de cardio sans renforcement qui « mange » vos muscles
Dans l’esprit de beaucoup, « se remettre en forme » est synonyme de longues séances de jogging, de vélo ou d’elliptique. Si l’entraînement cardiovasculaire est indispensable pour la santé du cœur et des poumons, en faire sa seule et unique activité physique après 40 ans est une erreur stratégique majeure. C’est l’équivalent de vouloir construire une maison en se concentrant uniquement sur la plomberie, en négligeant la fondation. Un excès de cardio, sans le contrepoids du renforcement, peut devenir catabolique, c’est-à-dire qu’il peut « manger » vos précieux muscles.
Le corps humain est une machine d’adaptation. Face à un repos complet, l’atrophie est fulgurante ; on estime la perte de force musculaire de 10 à 15 % pour chaque semaine d’inactivité totale. Face à un effort d’endurance prolongé, le corps cherche à devenir plus efficace. Il va donc tenter de se débarrasser de ce qui coûte cher en énergie : la masse musculaire. Sans le signal anabolique (constructeur) de la musculation, le signal catabolique (destructeur) de l’endurance peut prendre le dessus, surtout si l’apport en protéines est insuffisant. Vous améliorez votre endurance, mais vous devenez une version plus « légère » et plus fragile de vous-même.

Étude comparative : Endurance vs. Musculation pour le maintien musculaire
Une étude charnière de Ferketich et al. (1998) a mis en lumière ce phénomène. En comparant des athlètes d’endurance de plus de 40 ans à des sédentaires du même âge, les chercheurs ont fait une découverte surprenante : leur masse musculaire était similaire. Seul le groupe qui combinait son entraînement d’endurance avec un entraînement en force de haute intensité parvenait à préserver, voire augmenter, sa masse musculaire. Le message est clair : le cardio seul ne protège pas de la sarcopénie.
L’approche optimale est donc un mariage intelligent des deux. La musculation construit le « moteur » (vos muscles), et le cardio améliore sa « consommation » et sa capacité à utiliser l’oxygène (la biogenèse mitochondriale). Idéalement, séparez vos séances de force et de cardio ou faites votre cardio après votre musculation, jamais avant, pour ne pas épuiser vos réserves d’énergie avant l’effort le plus important pour la construction musculaire.
Quand prendre votre shake : la fenêtre anabolique existe-t-elle vraiment pour les amateurs ?
Le mythe de la « fenêtre anabolique » a la vie dure. Cette idée, popularisée dans les magazines de culturisme, prétend qu’il existerait une période magique de 30 à 60 minutes post-entraînement durant laquelle il faudrait absolument consommer un shake de protéines sous peine de « gâcher » sa séance. Pour l’athlète d’élite qui s’entraîne deux fois par jour, cette fenêtre a une certaine pertinence. Mais pour l’adulte de plus de 40 ans qui s’entraîne 2 à 4 fois par semaine ? C’est largement un mythe qui génère plus de stress que de bénéfices.
La synthèse protéique musculaire reste élevée pendant 24 à 48 heures après une séance de musculation intense. L’urgence n’est donc pas de se jeter sur son shaker en sortant du vestiaire. La priorité absolue est d’atteindre votre apport protéique total sur la journée, et de bien le répartir, comme nous l’avons vu. Un apport dans les 2 à 3 heures suivant l’entraînement est une bonne pratique, mais il n’y a pas de catastrophe si c’est un peu plus tard. Le corps est bien plus résilient que ça.
Non, la fenêtre anabolique de 30 minutes est un mythe pour la plupart des gens. L’important est l’apport total en protéines sur 24 heures et sa répartition.
– Julien Quaglierini, Expert IFBB Pro et coach diplômé
L’obsession pour le timing parfait peut être contre-productive. Elle détourne l’attention de ce qui compte vraiment. Concentrez-vous plutôt sur une stratégie de « budget protéique » cohérente :
- Répartir : Visez 3 à 4 prises de 25-40g de protéines au cours de la journée, plutôt qu’un ou deux repas massifs.
- Prioriser post-entraînement : Consommez un repas ou une collation riche en protéines dans les heures qui suivent votre séance, mais sans panique.
- L’exception à la règle : La seule situation où le timing est plus critique est si vous vous entraînez à jeun le matin. Dans ce cas, un apport rapide en protéines est recommandé pour stopper le catabolisme.
- Penser au lendemain : Maintenez un apport protéique élevé les jours de repos suivant un gros entraînement. C’est là qu’une grande partie de la reconstruction a lieu.
- Alternative locale : Pas besoin de poudres exotiques. Un grand bol de yogourt grec avec des bleuets du Lac-Saint-Jean et une poignée de noix constitue une excellente collation de récupération québécoise.
Libérez-vous de la tyrannie de la « fenêtre anabolique » et concentrez-vous sur la cohérence de votre apport global. C’est là que se trouvent 95% des résultats.
Quand ajouter une poudre de protéines : les besoins réels du sportif végétalien
Adopter une alimentation à base de plantes après 40 ans est un excellent choix pour la santé, mais cela présente des défis spécifiques pour le maintien de la masse musculaire. Les protéines végétales ont généralement une digestibilité légèrement inférieure et un profil d’acides aminés moins optimal que les protéines animales, en particulier pour un acide aminé crucial : la leucine. La leucine est le principal déclencheur de la synthèse protéique musculaire. Et comme nous l’avons vu, avec la résistance anabolique, le seuil de leucine nécessaire pour « allumer » le moteur de la construction musculaire augmente avec l’âge.
Les données scientifiques sont claires. Alors qu’un jeune adulte a besoin d’environ 1,7g de leucine par repas pour une stimulation optimale, les recherches montrent que ce besoin grimpe en flèche avec l’âge. En effet, il faut près de 2,8 g de leucine nécessaires après 60 ans pour obtenir la même réponse anabolique. Atteindre ce seuil uniquement avec des aliments végétaux demande une planification rigoureuse. Par exemple, il faudrait manger près de 3 tasses de lentilles en un seul repas. C’est ici que la poudre de protéines végétales devient non pas un luxe, mais un outil stratégique.
Pour un sportif végétalien de plus de 40 ans, une poudre de protéines n’est pas de la « triche ». C’est une manière efficace et pratique de garantir l’atteinte du seuil de leucine à chaque prise clé. Elle devient particulièrement indispensable dans trois situations :
- Au petit-déjeuner : Souvent le repas le plus pauvre en protéines, surtout dans un régime végétalien. Ajouter une mesure de poudre à un smoothie ou un gruau change la donne.
- En collation post-entraînement : Pour un apport rapide, concentré et facile à digérer.
- Les jours de faible appétit : Quand la fatigue ou le manque de temps empêche de cuisiner un repas complet, un shake est une assurance anti-catabolique.
L’idéal est de choisir un mélange de plusieurs sources (pois, riz, chanvre) pour obtenir un profil d’acides aminés complet. Des marques comme Vega ou Garden of Life, facilement trouvables au Québec, proposent d’excellents mélanges spécifiquement conçus à cet effet.
À retenir
- Votre besoin en protéines augmente avec l’âge à cause de la « résistance anabolique » ; visez 30-40g par repas.
- La musculation à haute intensité est le seul stimulus prouvé pour renforcer à la fois les muscles et les os, prévenant la sarco-ostéoporose.
- Le timing des protéines (la « fenêtre anabolique ») est un mythe pour les amateurs ; l’apport total et sa répartition sur 24h sont les vraies priorités.
Pourquoi la longueur de vos télomères prédit votre espérance de vie en bonne santé ?
Si l’on pouvait zoomer à l’intérieur de nos cellules, au bout de chaque chromosome, on trouverait de petits capuchons protecteurs appelés télomères. Considérez-les comme les embouts en plastique au bout de vos lacets de souliers. À chaque division cellulaire, ces télomères raccourcissent. Quand ils deviennent trop courts, la cellule ne peut plus se diviser et entre en sénescence (vieillissement) ou meurt. La longueur de nos télomères est donc l’un des biomarqueurs les plus fiables de notre âge biologique et de notre espérance de vie en bonne santé.
La question fascinante est : peut-on influencer ce processus ? La réponse est oui. Le mode de vie a un impact profond. Le stress chronique, le manque de sommeil et une mauvaise alimentation accélèrent le raccourcissement des télomères. À l’inverse, une activité physique régulière peut le ralentir, et un type d’activité en particulier se distingue : la musculation. En effet, des études confirment que la musculation est l’une des rares activités qui stimule l’enzyme télomérase, responsable de la réparation et du rallongement des télomères. Chaque séance de musculation n’est donc pas seulement un investissement pour votre force, mais aussi une cure de jouvence pour votre ADN.
Le gène Sprouty1 et le capital de cellules souches musculaires
Au-delà des télomères, la musculation protège un autre trésor de jouvence : notre stock de cellules souches musculaires. Ces cellules sont essentielles à la réparation et à la croissance des muscles. En 2015, des chercheurs ont identifié un gène, sprouty1, qui agit comme le gardien de ce stock. Avec l’âge, l’activité de ce gène diminue, menant à une réduction de plus de 50% du pool de cellules souches par rapport aux sujets jeunes. L’entraînement en force, par les signaux de stress et de réparation qu’il envoie, aide à maintenir l’activité de ce gène crucial, préservant ainsi notre capacité intrinsèque à régénérer nos muscles.
Ainsi, lorsque vous soulevez une charge, vous ne faites pas que contracter un muscle. Vous envoyez un message à vos gènes pour qu’ils activent les mécanismes de réparation de l’ADN et préservent votre potentiel de régénération. La musculation est littéralement une conversation avec votre biologie du vieillissement.
Comment accélérer votre régénération cellulaire après une blessure sportive ou une chirurgie ?
Une blessure ou une chirurgie après 40 ans peut être un tournant. Pour certains, c’est le début d’un déclin fonctionnel. Pour d’autres, c’est l’occasion de reconstruire plus fort. La différence entre les deux réside dans une approche proactive et intelligente de la régénération. Le repos total, autrefois la norme, est aujourd’hui considéré comme une erreur. Il mène à une atrophie musculaire rapide qui complique la récupération. La clé est un repos actif et une nutrition hyper-optimisée.
Durant une phase de convalescence, votre corps est en état de « chantier de reconstruction ». Ses besoins en matériaux, notamment en protéines, sont considérablement accrus. Il est recommandé de viser un apport encore plus élevé que la normale, allant de 2,0 à 2,5 grammes de protéines par kilogramme de poids corporel. Cet apport massif fournit les briques (acides aminés) nécessaires pour réparer les tissus lésés et combattre le catabolisme induit par l’inactivité forcée. Combiner cet apport avec des nutriments clés pour la cicatrisation comme le zinc, la vitamine C et le collagène peut faire une différence significative.
Plan d’action : Votre protocole de récupération optimale post-blessure
- Augmenter l’apport protéique : Visez 2,0-2,5g par kg de poids corporel par jour pendant la phase aiguë de la convalescence pour fournir les matériaux de reconstruction.
- Maintenir une activité légère : Évitez le repos total. Suivez les conseils d’un physiothérapeute pour une mobilisation douce et précoce qui stimule la circulation et prévient l’atrophie.
- Supplémenter pour la cicatrisation : Envisagez une supplémentation en zinc (essentiel à la synthèse de nouvelles cellules), en vitamine C et en peptides de collagène pour soutenir la réparation des tissus conjonctifs.
- Optimiser le sommeil : Ciblez 7 à 9 heures de sommeil de qualité par nuit. C’est pendant le sommeil profond que le pic de l’hormone de croissance, cruciale pour la réparation, est libéré.
- Consulter et se faire guider : Au Québec, après une chirurgie, consultez toujours votre médecin de famille pour obtenir une référence via la RAMQ pour des séances de physiothérapie. Ne travaillez jamais seul.
L’histoire de René, 50 ans, illustre parfaitement ce potentiel de reconstruction. Son expérience montre que même sans passé sportif, un protocole intelligent peut mener à une transformation spectaculaire.
René, 50 ans, sans passé sportif significatif, s’est transformé en 2 ans d’entraînement après avoir commencé la musculation. En appliquant une progression méthodique et une nutrition adaptée avec augmentation protéique, il a non seulement récupéré d’anciennes blessures mais a atteint le meilleur niveau de forme de sa vie.
– Témoignage rapporté par Rudy Coia, coach sportif
Votre corps a une capacité de régénération extraordinaire, à condition que vous lui donniez les bons outils et les bons signaux. Une blessure n’est pas une fin en soi, mais peut être le début d’une nouvelle approche plus consciente de votre santé.
N’attendez pas que la fragilité s’installe pour réagir. Chaque repas riche en protéines, chaque séance de musculation est un dépôt dans votre « compte épargne-santé » pour les décennies à venir. Commencez dès aujourd’hui à appliquer ces principes pour bâtir la version la plus forte, la plus résiliente et la plus autonome de vous-même.
Questions fréquentes sur les protéines et la musculation après 40 ans
Les protéines végétales sont-elles suffisantes après 40 ans?
Oui, mais à deux conditions cruciales. Premièrement, il faut généralement en consommer environ 25% de plus que les protéines animales pour compenser une digestibilité légèrement moindre. Deuxièmement, il est impératif de combiner différentes sources (par exemple, des légumineuses avec des céréales comme le duo classique lentilles et quinoa) pour s’assurer d’obtenir tous les acides aminés essentiels, avec une attention particulière pour la leucine, le principal déclencheur de la construction musculaire.
Quelles combinaisons végétales pour un profil complet?
La stratégie la plus simple est d’associer des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) avec des céréales complètes (quinoa, riz brun, avoine). Pour une solution pratique, notamment après l’entraînement, les poudres de protéines végétales qui mélangent plusieurs sources (pois, riz, chanvre) sont idéales. Des marques comme Vega ou Garden of Life, bien distribuées au Québec, offrent des mélanges optimisés pour un profil d’acides aminés complet.
Quand la poudre devient-elle indispensable pour un végétalien?
Elle devient un outil stratégique quasi indispensable dans trois situations clés : au petit-déjeuner, qui est souvent le repas le plus difficile à enrichir en protéines ; immédiatement après l’entraînement pour un apport rapide et concentré ; et enfin, les jours de grande fatigue ou de manque d’appétit où un repas complet est difficile à envisager. Le shake devient alors une assurance simple et efficace pour atteindre ses quotas et éviter la dégradation musculaire.